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- L’élevage de la truite : une recherche en pointe dans l’ombre des Monts d'Arrée -

Contexte de la production aquacole
 
Depuis les années 70, la production mondiale de produits aquatiques a plus que triplé (170 MT en 2014), la consommation passant de 10 à 20 kg/an/habitant. Cette croissance vaut également pour l’Europe et la France dont la consommation de poissons est passée de 19 à près de 33 kg/an/habitant (rapport FranceAgrimer 2016). La production aquacole aujourd’hui représente 50% de la consommation mondiale. Alors que les captures de la pêche stagnent (un tiers des stocks de poissons commerciaux étant désormais pêchés à des niveaux biologiquement non viables, soit trois fois plus qu'en 1974, données FAO, rapport Sofia). Seule l’aquaculture peut permettre de répondre à la demande croissante en produits aquatiques.
En France, la production des produits de la pêche et de l'aquaculture recule tendanciellement de 2,1 % par an depuis 2003 (FAO) et l’on doit chaque année importer 3/4 de notre consommation ce qui représente un déficit de la balance commerciale de 3,72 milliards d’euros (France AgriMer 2015). La production piscicole est encore minoritaire. Les systèmes extensifs (production en étangs) sont peu nombreux et le développement d’une production plus intensive est limitée par le manque de sites de production en concurrence avec d’autres secteurs économiques (tourisme notamment) et par les normes ressenties comme très strictes quant à l’utilisation des ressources en eau et les rejets en sortie de pisciculture. D’où la nécessité d’inscrire les élevages dans un processus de modernisation écologique, visant l’efficience et la réduction des impacts environnementaux.  La France est aujourd’hui le deuxième producteur européen de truites élevées en eau douce avec près de 36 700 tonnes produites en 2015. La truite fait partie du top 5 des poissons consommés régulièrement par les Français, sous différentes formes 1) très grande truite (> 2,5 kg) surtout à des fins de fumaison, 2) la grande truite (1 à 2 kg) transformée en pavé, darne, ou filets, 3) truite portion (260g) idéale pour être cuite à la poêle, au grill ou au barbecue et 4) œufs de truite comme ersatz de caviar. Maîtriser la qualité du poisson au départ du lieu de production et les modalités de transformation est essentiel pour être en mesure de concurrencer les produits d’importation (saumons de Norvège et du Chili).
Les activités de la PEIMA s’inscrivent dans ce cadre avec une double finalité 1) favoriser la production de connaissances sur l’animal (physiologie, génomique, génétique, nutrition) sur lesquelles appuyer le développement d’élevages efficients et performants tant sur la construction de la qualité de la chair (nutritionnelle, sanitaire, organoleptique), de la reproduction que sur l’adaptation aux changements environnementaux 2) contribuer à la définition et l’évaluation de prototypes de systèmes de production intensifs durables et économes en ressources (surface, eau, électricité, aliments d’origine végétale…) et inclus dans une économie circulaire (recyclage des rejets azotés…).
 
 
Objectifs scientifiques
 
Les objectifs scientifiques de la PEIMA (Pisciculture Expérimentale INRA des Monts d’Arrée) s’articulent autour de: la mise en œuvre et du suivi d’expérimentations, qui peuvent être mises en place à la demande des unités de recherche, ou pilotées directement par l’UE (expérimentations système). Les projets de recherche couvrent des thématiques très variées: reproduction, alimentation, adaptation aux facteurs d’environnement, comportement, qualité des produits, architecture génétique des caractères. Les structure de la PEIMA permettent de boucler le cycle biologique (du stade œuf au stade reproducteur), mettre en place des dispositifs de grande taille et/ou de longue durée (travaux en génétique par exemple) et travailler avec des poissons de grande taille (construction de la qualité de la chair). Des équipements spécifiques modernes (nourrisseurs à la demande, caméras, mesure et contrôle des paramètres de l’environnement – gaz, température) permettent de répondre à des demandes diversifiées. La construction de l’atelier expérimental de découpe/fumage a permis de disposer d’un outil unique qui permet d’analyser les déterminants de la construction de la qualité de la chair (génétiques, nutritionnels, environnementaux) jusqu’au produit fini (truite fumée). 
 
Innovation
 
De par la nature des espèces qu’elle élève et des thématiques abordées, une partie très significative des expérimentations menées à la PEIMA, sous le leadership des unités de recherche INRA et souvent en partenariat avec des entreprises privées, ont une orientation forte vers l’innovation. Ainsi, les travaux sur l’aptitude génétique des truites à utiliser les aliments d’origine végétale ont permis aux sélectionneurs de définir leurs propres stratégies de sélection dans un contexte d’évolution rapide de la composition des aliments. La PEIMA se positionne comme l’unité leader sur les programmes visant à proposer et évaluer des systèmes d’élevage salmonicoles innovants efficients et peu consommateurs en ressources. L’eau constitue en France la ressource la plus limitante à cause des contraintes environnementales (débit réservé en période d’étiage et gestion des effluents). Le projet pluriannuel « Poisson économe en eau » a permis de lancer le premier niveau de cette dynamique et de valider la faisabilité technique d’un système d’élevage utilisant le principe de la recirculation de l’eau pour la production de salmonidés. Les résultats montrent que le pilote mis en place à la PEIMA a dépassé l’objectif de réduction d’un facteur 10 de la consommation d’eau neuve tout en conservant voir en améliorant les principaux indicateurs zootechniques (bien-être, santé, croissance, qualité de la chair, reproduction…). Le deuxième niveau du système d’élevage durable porte sur la qualité de l’eau en sortie des circuits recirculés (effluents solides ou solubles), afin de garantir la santé de l’écosystème aquatique situé en aval. La stratégie consiste à valoriser les effluents solides par co-compostage et les effluents solubles par une production végétale associée (Aquaponie). Ce programme, intégré au précédent, se poursuit et a déjà démontré la valorisation des effluents piscicoles solubles (N, P) par des productions légumières (environ 25kg/m2/an) sans aucun intrant chimique.


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