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- Politisation des campagnes françaises au XIXème siècle -

Durant une bonne partie du XIXe siècle, avant que ne se désagrège le système de coutumes qui formait l’armature des cultures rurales, la civilisation paysanne était par essence une civilisation villageoise. Au sens très précis où la collectivité locale était la matrice principale de la culture paysanne. C’est elle qui garantissait la transmission des croyances, des valeurs, des traditions, des systèmes de représentations ou de la mémoire collective.

La société rurale était certes beaucoup plus mobile et beaucoup moins cloisonnée qu’on l’a souvent affirmé. Il n’en reste pas moins que les différents niveaux d’organisation de la vie locale (la paroisse, la commune, la communauté agraire, la sociabilité informelle des rites et divertissements coutumiers, l’interconnaissance), dont chaque collectivité villageoise n’était que la combinaison, délimitaient l’espace social à l’intérieur duquel se déroulait pour l’essentiel l’existence des paysans français. Par conséquent, on ne peut espérer dégager les modalités de la réception ou de l’appropriation du politique dans les campagnes qu’à la seule condition de prendre en compte les formes locales d’organisation de la vie sociale.


A la fin du XVIII siècle, l’histoire politique des campagnes françaises fut très profondément marquée par l’existence, à la base de l’édifice administratif, d’un réseau de municipalités de commune calqué sur celui des paroisses. Dès leur création en décembre 1789, les communes rurales furent appelées à mettre en œuvre des pans entiers de la politique nationale. Elles ne cessèrent dès lors de jouer le rôle de relais local des institutions englobantes. La commune était en outre un lieu de pouvoir (lequel pouvait très bien s’exercer en dehors des institutions municipales). Elle délimitait en tout cas un espace à l’intérieur duquel s’affrontaient des ambitions. De là d’innombrables conflits, dont les modalités ne cessèrent d’évoluer, mais qui étaient rarement déconnectés de leur environnement politique.

Au XIXe siècle, la politique, à travers l’expression électorale tout particulièrement – matrice de l’ordre démocratique – est toutefois venue se loger dans les petits organismes municipaux. Cette délocalisation des grands affrontements nationaux, qui s’accompagnait toujours d’une redéfinition des enjeux, fut l’une des dimensions de la politisation des campagnes. Car la politisation des ruraux reste à bien des égards, pour ceux qui s’y intéressent, une énigme.



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